Burn-Out et Sophrologie : comment retrouver un équilibre ? Partie 1
Le terme anglo-saxon "Burn-out" - combustion intérieure - fait son apparition lors du 1er choc pétrolier en 1974. Il décrit très bien l'état d'épuisement profond qui découle d'un long et insidieux stress chronique au travail, qui débouche généralement sur un arrêt complet obligatoire.
A ce jour, le burn-out n'est pas encore considéré comme une maladie professionnelle mais comme un trouble sociétal induit par le travail, qui peut nécessiter de 6 mois à 5 ans d'arrêt maladie.
Pour commencer, le burn-out n'est pas un coup de fatigue passager. C'est le résultat d'un processus long et insidieux, souvent invisible de l'extérieur, qui aboutit à un effondrement du système adaptatif de la personne. La réalité du burn-out est plus complexe qu'un état d'épuisement professionnel : fatigue profonde, perte de motivation, voire cynisme, difficultés de concentration, irritabilité, troubles du sommeil, sentiment de ne plus être capable de faire face ...
Ce feu intérieur peut mener à un syndrome dépressif avec perte de pulsion de vie, si le burn-out n'est pas traité.
C'est donc un sujet de haute importance, qu'on ne doit pas considérer à la légère. Lorsque l'allumette est "cramée", complètement consumée, elle s'éteint !
La Sophrologie, en complément d'un suivi médical, est un outil précieux pour aider à surmonter un burn-out, ou à l'éviter en prévenant l'effondrement du système adaptatif. La Sophrologie permet d'apaiser le système nerveux, de se libérer des tensions physiques et psychiques et de retrouver sommeil et confiance en soi.
Comprendre le Burn-out
Le burn-out correspond à un état d'épuisement lié à un stress professionnel chronique qui n'a pas été suffisamment prise en charge.
Il peut toucher des personnes très investies dans leur travail, perfectionnistes, consciencieuses, anxieuses ou jusqu'au boutiste. Il ne s'agit donc pas simplement d'un "manque de motivation" ou d'un moment de fatigue passager.
Le burn-out comprend 5 phases de stress :
La phase d'alarme
La 1ère phase (ou Burn-in) est une phase d'adaptation au stress. Le corps répond aux stresseurs par des décharges d'adrénaline et de cortisol. La personne ressent des légères tensions musculaires, a un sommeil parfois agité, des maux de têtes occasionnels.
Elle ressent une irritabilité légère, un sentiment de pression constante, une difficulté à déconnecter du travail le soir et des pensées envahissantes au coucher.
Les signaux qui peuvent mettre en alerte : la personne travaille en dehors des heures habituelles, abandonne peu à peu ses activités extra-professionnelles, a des difficulté à déléguer et affiche une mobilisation professionnelle accrue.
La phase de résistance
La phase de stress suivante se caractérise physiquement par une fatigue persistante non récupérée au repos, des troubles du sommeil installés, une baisse immunitaire et des tensions somatiques diffuses.
Les signaux émotionnels sont une anxiété chronique, un début de cynisme vis-à-vis du travail, des difficultés de concentration, un sentiment d'être indispensable et irremplaçable, une irritabilité relationnelle.
Les signaux qui peuvent mettre en alerte : un surinvestissement professionnel comme stratégie de compensation, un abandon progressif des loisirs et des sports, une irritabilité à domicile, une consommation accrue d'excitants ou de médicaments.
La phase d'épuisement
Cette phase de stress signe l'entrée dans le burn-out avéré.
Les signaux physiques : un épuisement majeur non récupérable, des maladies somatiques répétées, des palpitations et troubles digestifs, des douleurs diffuses et des pleurs fréquents ou crises d'angoisse.
Au niveau émotionnel, la personne ressent des émotions envahissantes ou un vide affectif, un sentiment d'échec et de honte profonde, a des ruminations intenses et des pensées noires, manifeste une hypersensibilité ou une anesthésie émotionnelle. Elle vit une perte de sens au travail.
A cette étape, toute tâche simple devient insurmontable. La personne ne peut plus se rendre à son travail et arrête toute activité. Elle rentre dans l'isolement, en évitant toute relation sociale.
La phase de détachement et la dépersonnalisation
Dans cette phase d'épuisement, la personne se protège en se retirant totalement, par une mise à distance.
La personne éprouve une fatigue profonde malgré le repos et souffre de douleurs somatiques sans cause identifiée.
A cette étape, il y a perte d'empathie, vide intérieur profond, perte d'identité professionnelle, un sentiment d'étrangeté à soi-même. Le signal majeur de cette phase est le cynisme et la déshumanisation des relations envers les collègues ou les clients.
La personne ne peut plus se projeter dans l'avenir, abandonne tout ce qui faisait sens et s'isole socialement.
L'effondrement
Cette phase de stress se caractérise par un effondrement total physique, émotionnel et psychique.
La personne est incapable de se lever de son lit, dans un épuisement total non récupérable.
Elle entre dans un syndrome dépressif : idées noires, pensées de mort, sentiment de destruction identitaire, perte totale de l'estime de soi.
Elle dépend de ses proches pour les actes du quotidien, et se replie totalement sur elle-même, dans un isolement total.
Pour résumer, ce syndrome du Burn-out se caractérise par trois critères indissociables, établis par la psychologue clinicienne, Christina Maslach, pionnière sur ce sujet dès les années 80 :
- l'épuisement émotionnel : ce sentiment d'être vidé de ses ressources, d'avoir "tout donné" sans pouvoir se régénérer
- la dépersonnalisation ou cynisme : attitude de détachement, d'indifférence, voire de mépris vis-à-vis des relations professionnelles ou des clients
- la diminution du sentiment d'accomplissement personnel : sentiment d'inefficacité, d'échec dans sa mission, voire de honte
A ces manifestations peuvent s'ajouter des troubles du sommeil, une anxiété importante, des tensions corporelles, des difficultés de mémorisation ou encore une hypersensibilité émotionnelle.
Le burn-out n'est pas une faiblesse. C'est un point essentiel à rappeler. Etre en burn-out ne signifie pas être incapable ou insuffisamment organisé. La personne a parfois continué à travailler sans prendre conscience des signaux d'alerte :
"je vais me surpasser", "je tiens le coup", "ça va passer", "je n'ai pas le droit d'être fatigué-e", "ça ira mieux après ce projet", "je dois tenir encore" jusqu'au moment où le corps et l'esprit ne peuvent plus compenser.
Pourquoi est-il si difficile de sortir du cercle du stress ?
Sortir d'un burn-out ne consiste pas simplement à "se reposer quelques jours", contrairement à ce que croit la personne.
Lorsque l'épuisement est installé, plusieurs mécanismes peuvent rendre la récupération compromise.
Le corps ne relâche pas la pression
Après une longue exposition au stress chronique, la personne ne peut pas vraiment relâcher la pression physique et mentale.
Le corps reste en état d'alerte.
Même lorsque la personne ne travaille plus, les pensées continuent : anticiper, organiser, culpabiliser etc.
Le corps est au repos mais le mental continue parfois à fonctionner à plein régime.
La culpabilité prend beaucoup de place
"Je devrais déjà aller mieux"
"Les autres continuent, pourquoi pas moi ?"
"Je suis inutile"
Ces pensées sont fréquentes et peuvent paradoxalement entretenir la tension et l'épuisement.
Le repos suit les mêmes injonctions que le travail avec le souci constant de la performance : je dois vite récupérer, je dois bien dormir, je dois faire du sport, je dois reprendre confiance, je dois vite reprendre des forces, je ne peux pas rien faire de mes journées ...
Or, la récupération n'est pas linéaire !
Il peut y avoir de belles avancées, puis des régressions, un regain d'énergie un jour et une grande fatigue le lendemain. Cela ne signifie pas nécessairement que l'on rechute.
Le corps et le mental ont besoin de temps pour retrouver un nouvel équilibre.
Le rapport au travail doit évoluer
Lorsque le travail a occupé une place très importante dans l'équilibre personnel, le burn-out peut remettre beaucoup de choses en question. C'est l'heure des bilans et des remises en question :
- Quelles sont mes 5 valeurs les plus importantes, ce qui compte vraiment pour moi ? L'excellence, la qualité du travail ? l'équité et la justice ? la loyauté et l'appartenance ? L'autonomie et la liberté ? etc.
- Qu'est-ce que j'ai subi inconsciemment au travail, qui allait à l'encontre de mes valeurs ?
- Qu'est-ce qui, dans mon travail actuel ou passé, avait du sens pour moi ?
- Quand je regarde en arrière, quels moments de ma vie pro m'ont rendu vraiment fier-e ?
- Quelles difficultés je suis prêt-e à traverser pour défendre mes valeurs ?
- Pourquoi ai-je tant de mal à dire non ?
- Quelles exigences est-ce que je m'impose ?
- Comment puis-je travailler sans m'épuiser à nouveau ?
La récupération implique donc souvent bien plus que retrouver de l'énergie : elle peut conduire à reconstruire un rapport différent au travail, aux autres et à soi.


